L’échographie au point d’intervention, ou POCUS, n’est plus réservée aux médecins. Une revue publiée en 2026 montre qu’elle est progressivement utilisée par des infirmiers formés dans les services de soins intensifs et de réanimation.
Que montre cette étude ?
Les auteurs ont analysé 17 études réalisées dans 10 pays. Le POCUS infirmier était utilisé dans trois grands domaines :
- Guider et vérifier les procédures : pose d’accès vasculaires, cathétérisme artériel, contrôle des sondes nasogastriques et évaluation du volume gastrique.
- Évaluer le cœur et les poumons : recherche d’une congestion pulmonaire, évaluation de la fonction ventriculaire, mesure de la veine cave inférieure ou détection d’un épanchement.
- Rechercher certaines complications : thrombose veineuse profonde, état préthrombotique ou vasospasme post-traumatique.
Des résultats cliniques encourageants
Plusieurs études rapportent une amélioration de la rapidité et de l’efficacité des soins :
- une réduction d’environ 35 % du temps nécessaire à certaines procédures liées aux sondes nasogastriques ;
- une gestion des fluides guidée par le POCUS dans 26 à 67 % des situations, selon les études ;
- jusqu’à 56 % d’examens radiologiques en moins dans une étude ;
- moins de gestes répétés, d’inconfort et de déplacements vers les services d’imagerie.
Ces résultats restent toutefois à interpréter avec prudence. Il s’agit d’une revue de portée, destinée à cartographier les pratiques existantes. Les études incluses sont hétérogènes et ne permettent pas encore de conclure à un bénéfice identique dans tous les services.
Le message essentiel : former avant de déployer
La technologie seule ne suffit pas. Les programmes de formation analysés variaient considérablement, de quelques heures à plusieurs mois.
Pour une utilisation sûre, la formation devrait associer :
- des bases théoriques ;
- une pratique supervisée ;
- l’apprentissage de l’acquisition et de l’interprétation des images ;
- une évaluation formelle des compétences ;
- un accompagnement et une pratique régulière.
Quel intérêt pour la néphrologie ?
Plusieurs applications sont directement pertinentes en néphrologie : évaluation de la congestion pulmonaire, appréciation de la volémie, accès vasculaires et orientation de la gestion des fluides.
Cette revue ouvre ainsi la voie à une utilisation collaborative du POCUS par des médecins, IPA et infirmiers formés, dans un cadre clairement défini. Le POCUS ne remplace ni l’examen clinique ni l’échographie diagnostique complète : il les complète au lit du patient.
À retenir : le POCUS peut améliorer la réactivité des soins et renforcer les compétences des équipes, à condition de reposer sur une formation structurée, une supervision et une validation rigoureuse des compétences.
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Source
Knutsen K, Vaismoradi M, Solbakken R. Use of point-of-care ultrasound by critical care nurses in intensive and critical care: A scoping review of practice, training, and outcomes. Intensive & Critical Care Nursing. 2026;97:104506. DOI : 10.1016/j.iccn.2026.104506.